mercredi 8 juillet 2015

Regards sur les mirons de la Tour!


Ce week-end, notre ville célèbrera le Miron, au travers de nombreuses animations. Mais savez-vous ce qui se cache derrière ce nom curieux? Une gourmandise, un sobriquet?

Ce que l'on sait moins, c'est que le Miron fut le nom d’un journal satyrique dont l’existence éphémère n’a laissé que peu de trace... Son slogan : "Tantôt il ronronne, tantôt il griffe." Le ton est donné! Le docteur André Dénier y fait référence dans un de ses écrits, mais nous n’avons trouvé aucun exemplaire. Alors, peut-être qu'un lecteur pourra combler cette lacune?...


"Miron", sobriquet donné au chat, c'est le surnom dont les Turripinois ont été affublés depuis le Moyen-Âge. Michel Lauth avait émis une hypothèse sur cette origine : les Saint-Clairois, jaloux de la position de leurs voisins les observaient, donc les miraient au "sens argotique" du mot. Et les bourgeois de la Tour du Pin leur renvoyaient le qualificatif méprisant de "rats." Le dicton populaire dit bien à «bon chat, bon rat!» On est loin de la légende qui affirme que des rats venus de Saint-Clair se seraient laisser porté par le courant de la Bourbre et que les turripinois aurait élevé une colonie de chats pour s’en préserver...

Et si on cherchait du côté de l’étymologie de "Miron"? Michel Lauth y retrouvait la famille de mir du verbe latin mirari : s’étonner, être surpris. Puis dans les langues romanes : regarder attentivement, observer. On le retrouve dans "mirette" pour l’œil. Cette dénomination patoisante convient parfaitement pour un félin toujours aux aguets malgré son apparence placide. Le château fort de la Tour du Pin était parfaitement bien placé sur le sommet de la colline pour "mirer" les environs avec vue sur les deux vallées. D’ailleurs aujourd’hui, un poste d’observation en haut d’une tour est un mirador!


Quand à la gourmandise, elle n'est pas en reste... Au début du XXème siècle, les turripinois dégustaient un apéritif qui portait le nom de "Miron." Fait à partir de vin blanc local de piètre qualité,  on y ajoutait de la crème de citron dans la proportion d'un quart. Certains utilisaient même du pétillant local. Mais aujourd’hui on ne trouve plus tous ces ingrédients! Alors pour rester le plus authentique, Jo Gonin propose du vin blanc de Jonvieux et un sirop de citron de chez Bigallet. Cet apéritif se marie aujourd'hui très bien avec les chocolats du même nom! Car le "Miron", c'est aussi ce délicieux chocolat à base de nougatine, praliné, citron confit et pâte d’amande, trempé artisanalement à la fourchette… 


Cette spécialité chocolatée est née à l’occasion du séjour de l’équipe de football de Colombie à la Tour-du-Pin pour la coupe du monde de 1998. Les restaurateurs Turripinois avaient entrepris la réalisation d’un kir à base de citron. Ce fut le déclic pour quatre pâtissier-chocolatiers : Berthet, Galante, Jas et Poulet pour créer une pâtisserie à base de citron. La recette des Mirons est déposée. Les pâtissiers qui continuent à les produire, les réalisent avec les mêmes ingrédients, mais avec des quantités variables. Chacun à son petit secret! Cela explique la diversité des goûts du Miron pour les papilles des consommateurs.


Le pâtissier Michel Galante nous a fait partager un moment de sa fabrication. Les gâteaux de nougatine, praliné, citron confit, pâte d’amandes sont découpés à la main. Puis immergés dans du chocolat tenu au chaud dans un bain-marie (la conche). À l’aide d’un instrument à trois pics, le "Miron" est récupéré et mis à l’envers sur un l’étiquette (comestible) qui fait la particularité de cette friandise. Ce n’est qu’après refroidissement, qui est disposé dans des écrins pâtissiers...

Miron, mi-carré, mais toujours apprécié!

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